Objection Votre Honneur



Publié le mercredi 30 janvier 2008


Mercredi 30 janvier 2008

RABASKA - Le cheval de Troie vers l’exportation d’eau douce.

 

Le projet Rabaska est tellement illogique et aberrant qu’il doit sûrement cacher quelque chose. L’impact sur la navigation et le risque maritime d’un port méthanier à Lévis en font un projet insensé. La préparation et la promotion du projet seraient de l’ordre de $50millions. Il est anormal et suspect qu’un consortium privé engage  $50millions dans un projet sans au préalable avoir une garantie d’approvisionnement (Gazprom) et l'assurance d'une demande québécoise capable d’absorber le volume de gaz produit. Il n’y a tout simplement pas de marché pour le gaz au Québec. Anormal et suspect aussi en raison du lancement en parallèle du projet Cacouna et du fait que le seul gazoduc existants n’a pas la capacité suffisante pour livrer la production de Rabaska et de Cacouna vers Montréal, l’Ontario ou la Nouvelle Angleterre. Anormal et suspect aussi en raison du prix du gaz naturel qui n’est pas compétitif face à l’électricité et qui risque fort de ne jamais l’être à cause de l’accroissement continu de la demande venant de l’Inde et de la Chine.

 

Tout est faux dans ce projet sauf peut-être ce qu’il cache. Que cache le projet Rabaska? Beau défi pour les journalistes d’enquête qui devraient pointer leurs radars sur une conversion éventuelle en terminal d’exportation d’eau douce. $50 millions se justifie pleinement pour se positionner en vue du potentiel formidable du marché de l’eau douce. Pompage du fleuve, traitement, stockage et exportation par navire type pinardier. Qui a besoin de gazoducs? Quel risque maritime? Quelle pollution? Quel risque pour les résidents à proximité? Rien! Mais vu qu’aujourd’hui le mur de résistance sociale au commerce de l’eau est infranchissable, le terminal méthanier est le cheval de Troie à l’intérieur duquel se cache l’intention future d’exportation massive d’eau douce.  Les coûts éventuels de conversion du terminal? De la petite monnaie  en regard du potentiel de profit illimité du commerce en vrac de l’eau douce. Les journalistes d’enquête  devraient aussi  commencer à renifler l’odeur des enveloppes brunes qui vont sûrement se mettre à circuler vers la fin des mandats politiques. Comme disent les anglophones : « Follow the money trail » c'est-à-dire suivre les traces de l’argent. Bonne chasse et n'attendez pas le 935ième mensonge avant de commencer!

 

 



3 Commentaires :

Commentaire écrit le jeudi 31 janvier 2008 à 15:48:56 (lien)
L\'Avocat du Diable
Ce sera d'abord et avant tout pour faire du profit un peu comme les pharmaceutiques qui refusent de fournir des médicaments à prix réduit au sidéens d'Afrique. Étancher la soif du tier-monde c'est très secondaire pour les capitalistes sauvages. Ces problèmes là, ils laissent c'a aux gouvernements. Parfois ils laissent tomber quelques miettes de leur table pour se faire une belle jambe.


Commentaire écrit le jeudi 31 janvier 2008 à 09:44:34 (lien)
Accent Grave
Intéressant, mais il faudrait étoffer. Le sujet est tout de même lancé.

Accent Grave


Commentaire écrit le mercredi 30 janvier 2008 à 21:55:31 (lien)
lutopium - http://lutopium@blogspot.com
Je n'avais jamais pensé à cette possibilité... Pas fou comme hypothèse! Les lobbies doivent pousser très fort pour pomper l'eau. Si c'est pour étancher la soif des pays qui vivent des pénuries, pas de problèmes. Si c'est pour des bouteilles de plastique pour un marché commercial, ça serait inacceptable.


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